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10/06/2012

Kerouac on the road

A l'heure où le texte de "Sur la route" est exposé à Paris au Musée des manuscrits et que sort sur les écrans le film du même nom présenté à Cannes,

entendre Kerouac en lire quelques extraits. Son rythme, son énergie. Irremplacable.

Et le voir à NY City, sourire à la caméra, en berçant un enfant.

La route est longue, les mots immenses et tranchants comme des lames de rasoirs.

 

 

 

"La grande maison de l'âme est la route ouverte."

D.H Laurence

16/05/2012

Le coeur, un lac de lumière

 

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Phrase d'Henri Miller, dans un poème (rare) citée par Frédéric-Jacques Temple, hier soir, dans un conférence sur le colosse "capable de renifler la sainteté de loin".

Son écriture, dit-il, "un magma bouillonnant et féroce."

Sortie aux éditions Finitudes, de la correspondance entre Miller et Temple.

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Mediathèque centrale, Montpellier - Mardi 15 mai 2012

25/03/2012

Le temps vieillit beaucoup trop vite

 

Tristesse. Antonio Tabucchi nous a quitté.

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"Et c'était cela, l'étrange fonction de l'art : arriver par hasard à des personnes prises au hasard,

parce que tout est hasard dans ce monde, et que l'art nous le rappelle :

et c'est pourquoi il nous rend mélancoliques et nous réconforte.

Il n'explique rien, comme le vent n'explique rien :

il arrive, il agite les feuilles, et les arbres restent traversés par le vent,

et le vent s'envole."


Extrait de "Vagabondage", dans Le jeu de l'envers.

28/02/2012

Le monde viendra

"Il n'est pas nécessaire que tu sortes de ta maison. Restes à ta table et écoute. N'écoutes même pas, attends seulement. N'attends même pas, sois absolument silencieux et seul. Le monde viendra s'offrir à toi pour que tu le démasques, il ne peut faire autrement, extasié, il se tordra devant toi."

F.Kafka. Méditations sur le péché, la souffrance, l'espoir et le vrai chemin. Texte cité en exergue dans " L'homme qui dort", de Georges Perec.

17/12/2011

Frédéric Jacques Temple, poète de Montpellier et du monde entier


Un homme aux cent facettes, tel qu'il se définit lui-même.

Je vous invite à aller voir l'exposition quilui rend hommage à la médiathèque centrale de Montpellier jusqu'au 15 janvier 2012. Et qui rassemble plusieurs centaines de documents, photos, lettres, photographies, objets divers, légués par F.J Temple, traces d'une vie et d'une carrière d'homme voyageur et poète.

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Arbre

Je suis un arbre voyageur

Mes racines sont des amarres

Si le monde est mon océan

En ma terre je fais relâche

Ma tête épanouit ses branches

A mes pieds poussent des anores

Loin je suis près des origines

Quand je pars je ne laisse rien

Que je ne retrouve au retour.

 

Au Mexique, en 1960 :

J'attends, conduits par de graves enfants,

sur le seuil orné de piments et de maïs bigarré,

dans l'odeur fraîche de l'adobe et des épis grillés,

le geste du vieillard voilé de pénombre propre et bleue.

Je pris le pain cuit et le sombre vin des pampres du désert.

Béni par les divinités qui dansent sur les montagnes, un nom me fut donné.

J'eus des frères et des soeurs.

F.J Temple

18/10/2011

BA-BD-BB : une Belle Ame, une Belle Dame - Béatrix Beck

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Le calendrier du facteur j'en veux pas, j'ouvre pas. Juste pour nous tirer des sous avec tous ces saints et saintes nitouches que j'en ai rien à foutre, que mes parents jamais ils me fêtaient ma fête. Sainte Marcelline yen a pas qui disaient mais saint Marcellin, que j'y disais. Saint Marcellin c'est pas un saint, c'est un fromage, qui disaient. Alors je me fêtais ma fête à mézigue quand ça me prenait, je me prenais un bouquet dans la forêt profonde, jacinthes ou autres petites cochonneries.

Passe ton chemin, PTT. Qu'est-ce que ça peut bien faire qu'on soye lundi ou samedi ? Le dimanche les cloches traversent mon coton d'oreilles. Quand il gèle, je vois bien qu'on est pas en août.

Ils disent que je suis rapia mais si je serais pas, ya longtemps que je serais pus.

Les saints, les lions ont pas eu tort de les bouffer, ils avaient qu'à se tenir peinards, au lieu de semer la pagaille."

Béatrix Beck

28/06/2011

Nicolas Bouvier : l'enfance

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L'enfance, plus qu'un âge, est un état d'esprit. C'est une attention fébrile aux êtres et aux choses, une impatience d'absorption qui permet, pour de brefs instants, de saisir le monde dans sa polyphonie - il est toujours polyphonique - et de ne pas se contenter d'une lecture monodique où l'on ne suit qu'une ligne de la partition, ce que nous faisons trop souvent par lasssitude, résignation, ou ce que Antonin Arthaud appelait, avec une justesse cruelle, "insuffisance centrale de l'âme". Cet état d'éveil peut se maintenir à n'importe quel âge, au prix d'une vigileance continuelle.

Nicolas Bouvier

 

(image : at.ethno.com)

07/03/2011

Printemps des Poètes : Marcelle Delpastre

 

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Et n’est-ce point assez que d’être un seul instant
sur la vague le moindre étincellement.
Mais n’est-ce point assez ? D’être."...

 

..."Res que me manque, res.
Lo temps de naisser, de morir, lo temps de me virar. Lo temps de res.
D’esser quela chalor. Queu sang. Quela bufada.
Lo temps d’esser ieu - mesme - Res.
‘Na polsada de l’esser."...

  

Marcelle Delpastre

1925 - 1998

25/02/2011

Le gnou

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"Quand le gnou est entré dans le bar, le concierge a d'abord pensé que c'était une idée du propriétaire, et il l'a laissé passé. La bête, sombre et lente, s'est placée près du comptoir en remuant la queue. Les clients firent comme s'ils n'étaient pas étonnés. Dans une boite à la mode, il était normal de tomber sur une exposition de mâchoires postiches ou sur un happening consistant à se brûler mutuellement les ongles des doigts de pied, et personne n'avait à s'étonner d'être obligé d'avoir un gnou comme compagnon de bar. C'est ce que pensait la majorité.

D'autres, au contraire, qui répétaient depuis des semaines que c'était un endroit fini, pourri et ennuyeux, trouvèrent l'idée fantastique. Ils entourèrent l'animal pour décider s'il était génial, moderne ou, tout simplement, ringard. Ils lui touchèrent le dos, d'abord craintivement, puis en s'appuyant carrément dessus. Voyant que la bête ne protestait pas et conservait un flegme tout africain, quelqu'un proposa de lui offrir un verre. Ils rirent beaucoup en imaginant quel alcool il préférait, s'il avait la gueule de bois, s'il était capable de souffler dans l'alcootest. Excités par la nouveauté, ils le tirèrent par la queue pour l'amener sur la piste.

Les danseurs l'entouraient et suivaient la scène avec un intérêt que les garçons ne se rappelaient pas avoir vu parmi la clientèle. Pour eux, un gnou était un gnou : une nouvelle extravangance du patron pour que les journaux parlent de son établissement."

 

Extrait de : Le Gnou, de Sergi Pamiès, in "On ne peut pas s'étouffer avec du vermicelle", Editeur Chambon / Le Rouergue.

23/02/2011

Des auteurs (des vrais) à découvrir

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Sergi Pamiès, né à Paris en 1960, de parents émigrés politiques. Il n'apprend le catalan qu'à dix ans, quand ses parents rentrent à Barcelone, mais c'est cette langue qu'il  choisit quand il devient écrivain. Journaliste à El Pais, il travaille également pour la radio et la télévision. Il est aussi traducteur, de Jean Echenoz et d'Amélie Nothomb notamment.

Auteur de nouvelles excellentes. Quelques titres de recueils : " Si tu manges un citron sans faire de grimaces" ou "On ne peut pas s'étouffer avec des vermicelles" !!!

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Et Hubert Mingarelli et son dernier opus :

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Notamment la nouvelle intitulée : "Qui se souviendra de nous", l'histoire de deux soldats à la dérive, magnifique. Une écriture très épurée et très belle.