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30/03/2009

Minerve

Minerve. Haut lieu de mémoire cathare (150 "parfaits" y ont été "cramats") et site naturel exceptionnel.
Jour ensoleillé de mars. Ruelles vides, quelques touristes, le nez en l'air.
Les asperges, qui poussent sur les terrains rocailleux du Causse, ont été ramassées.
"Pascas" n'est pas loin.

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Les environs de Minerve, en redescendant vers Olonzac

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29/03/2009

La peau du jour

Photo004.jpgLa liberté intellectuelle dépend des choses matérielles.

La poésie dépend de la liberté intellectuelle. Et les femmes ont toujours été pauvres, et cela non seulement depuis deux cent ans, mais depuis le commencement des temps. Les femmes ont eu moins de liberté intellectuelle que les fils des esclaves athéniens. Les femmes n'ont donc pas eu la moindre chance de pouvoir écrire des poèmes. (...)

Mais pourquoi, pouvez-vous m'objecter, attacher une si grande importance au fait que les femmes puissent écrire des livres quand, selon vous, écrire exige tant d'efforts, mène peut-être au meurtre de sa propre tante, et presque sûrement à être en retard pour le déjeuner, et peut aboutir à de sérieuses disputes avec de très braves gens?

J'espère que, d'une façon ou d'une autre, vous avez en votre possession assez d'argent pour voyager et vivre dans l'oisiveté, pour contempler l'avenir et le passé du monde, pour rêvasser sur des livres et musarder aux coins des rues et laisser la ligne de la pensée s'enfoncer profondément dans l'eau du fleuve.

Je vous demande d'écrire plus de livres, je vous pousse à faire ce qui sera un bien pour vous et un bien pour le monde en général.
Qu'entend-on par "réalité" ?

Cela semble être quelque chose de très changeant sur quoi on ne peut compter - que tantôt on trouve sur une route poussiéreuse, tantôt sur un morceau de journal, dans la rue, qui parfois est une jonquille au soleil.
La vérité projette sa lumière sur un groupe dans une pièce ou marque quelque propos passager.
Elle se précipite sur vous tandis que sous un ciel étoilé vous rentrez à la maison et transforme le monde du silence en quelque chose de plus réel que le monde des paroles - et puis la voici de nouveau dans un omnibus dans le vacarme de Piccadilly. Parfois aussi elle se fige en des formes très éloignées pour que nous puissions discerner quelle est leur nature. Mais tout ce qu'elle touche, elle le rend stable et permanent.
C'est là ce qui demeure quand la peau du jour a été jetée dans la haie : c'est là ce qui reste du passé, et de nos amours, et de nos haines.

Or, l'écrivain a la chance, me semble-t-il, de vivre plus que tout autre en présence de cette réalité. C'est son rôle de la découvrir, de la rassembler et de la communiquer.

Virginia WOOLF, Une chambre à soi.

14:13 Publié dans 1 texte / 1 auteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : femme, mots

28/03/2009

Notre-Dame des spasmes à La Livinière

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24/03/2009

Quelques oeuvres d'Alechinsky à Alès

Cette clarté qui vient d'ailleurs...

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19:09 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art

23/03/2009

En terre minervoise

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22/03/2009

Depardon au musée PAB à Alès

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Le musée PAB

P1000878.JPG Raymond Depardon expose jusqu'à la mi-mai dans le cadre du festival de cinéma "Itinérances" à Alès. Des photographies glanées dans la région, la Lozère bien sûr, mais aussi le bord de mer, les petites villes de l'arrière pays.
Des jeux sur la couleur, des lignes. Des plages désertes, des lieux abandonnés. Des chemins.

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A l'espace Rochebelle, en face le musée PAB, son expo en noir et blanc intitulée "Errances". Une pure merveille.
Ou comment photographier, le rien, le vide, l'attente, les départs, les cailloux de la route et l'horizon.

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18/03/2009

Chaque matin boire une tasse de soleil

les sauvages juin 08 029.jpg Chaque matin, boire une tasse de soleil et manger un épi de blé.
Ainsi je dois me dire : "Petit cochon, tu ne travailles pas ! "
Oui, c'est bon ! Tu bois du soleil, tu regardes, tu observes, tu jouis de la vie, tu trouves bien fait tout ce que le Bon Dieu a fait.

Les lézards t'intéressent, les demoiselles aussi qui, plantées sur le cou l'une de l'autre, volent de brindilles en brindilles et se posent, l'une toute droite et raide, l'autre en ligne brisée , le bout de sa queue dans l'eau. Tu te dis : avant d'écrire, il faut voir.
Flâner, c'est travailler.

Il faut apprendre à tout voir, le brin d'herbe, les oies qui crient dans les étaules, le soleil couchant, la queue du soleil couché qui s'étend rosé et pourpre sur tout l'horizon comme un voile déplié où se pose l'arc de la lune.

Tu t'emplis de tableaux, les deux mains dans tes poches. Tu lèves les pelles de la rêverie. Elle déborde de droite et de gauche, sort de son bassin, s'épanouit à l'aventure, au hasard.

Tu as même des idées pas gaies. Tu penses à la mort, avec effroi quand il tonne, sans peur quand il fait clair, que la lumière diffuse se fourre partout, regarde par chaque pente de volet et fait pencher les avoines lourdes, quand tu voudrais bien être quelque part, à l'ombre, tranquille, loin du monde, et que tu te vois, nullement ému, les pieds joints, allongé, recueilli, presque souriant, à quelques pouces sous terre, tout près des fleurs, des herbes, de la vie et du bruit.

C'est bon. Je t'écoute. Tu te fais élégiaque. Tu comprends tout, ma foi !
Tu panthéises. Tu vois Dieu partout et nulle part. Tu as des idées sereines qui te font sourire avec bienveillance.
Tu dégustes le temps. Tu te trouves bien comme le reste, mais je te le redis : "Petit cochon, tu ne travailles pas !"

Journal, de Jules Renard, 1889.

21:25 Publié dans 1 texte / 1 auteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mots

16/03/2009

Bord de mer

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20:42 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mer, eau

15/03/2009

L'élevage du vin : témoignage

P1000634.JPGOn faisait du très bon vin. Michel s'était vraiment bien mis dans le pays. Il avait appris plusieurs techniques et savoirs-faire de différentes personnes.
Et puis il aimait ça, les vignes. Chaque année, celui qui nous prenait le vin au château de Leuc nous demandait ce que nous y faisions pour qu'il soit aussi bon. Au moment des vendanges, on ramassait le raison très tôt. On n'attendait pas qu'il se gâte.

On a renouvelé ou planté toutes les vignes que nous avons achetées.Ce n'était pas comme maintenant, les plants de vigne étaient alors tous mélangés. A la vigne de la montée, nous n'avions mis que des bons raisins : il y avait huit tières de Mauzac, huit tières de blanc d'espagne, huit tières de jurançon, de l'aramon, du muscat, du terret pour faire du vin blanc. La blanquette était en haut de la vigne, là où se trouvait le terrain le plus aride, et le terret, il servait à donner du degré. C'était un raisin jaune orangé, pas très bon à manger mais qui faisait du bon vin. On a aussi planté beaucoup de carignan. Une bonne partie de la production était pour notre consommation.

Pour les planter, nous avons beaucoup peiné. Il fallait labourer très profond. Nous n'étions pas équipés pour faire ce genre de travail. Nous avons acheté un petit tracteur quelques années après.
Nous n'avons jamais acheté de plants greffés. C'est Michel qui les préparait et qui le faisait. Je partais l'aider toute la journée. La veille du greffage, Michel laissait tremper les greffons dans de grands seaux d'eau pour qu'ils soient bien frais. Le lendemain, il coupait les branchages et fendait le cep de vigne. Nous suivions derrière avec des piquets pour attacher les "pourettes". Dès qu'elles sortaient, il fallait mettre un piquet pour que le vent ne les emporte pas. Nous devions ensuite le recouvrir avec de la terre très fine.

L'hiver, il partait tailler, seul.On commence en général à la fin du mois de novembre, aux alentours de la Ste Catherine, pour terminer vers le mois de mars quand les bourgeons commencent de sortir.
Il partait tous les jours jusqu'à la nuit. Il disait qu'il n'aurait jamais pu faire un métier dans un bureau et ne pas être son propre patron. Les vignes taillées, on pouvait commencer de faire les fagots de sarments.
On les laissait tout le long de la rangée, au fur et à mesure qu'on avançait. On les liait, puis on les charriait en bordure de chaque rangée.Là, on faisait un petit tas appelé une "massière". Ces massières étaient construites avec cinq fagots à la base, puis en diminuant, trois, deux, puis finalement un seul fagot au sommet.
Quand on se promenait sur les chemins, c'était très joli d'apercevoir ces petits monticules dispersés un peu partout sur les collines.(...)
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Au printemps, quand la vigne a déjà bien poussé, il faut ébourgeonner. On ne laissait que ceux du haut de la souche. Il y avait des plants de vigne qui en produisaient beaucoup plus que d'autres. Sur l'aramon, il n'y en avait pas beaucoup. Quand on labourait autour des ceps, il fallait que j'aille "déchauceler", c'est-à-dire enlever la terre restée autour du cep.
Ces vignes, on aurait dit des jardins tellement tout était entretenu, nettoyé dans les moindres recoins.
On partait soufrer au début du mois de mai. On commençait souvent avant la nuit, parce qu'à ce moment-là, il n'y avait pas trop de vent. Le matin, on réveillait tout le monde avec notre tracteur même si on n'était pas tout seuls à le faire. Chacun avait sa rangée et sa petite souffrette à main. Il fallait revenir au tracteur pour les remplir. Quand les rangées étaient trop longues, on transportait le soufre dans un cabas.

Même avec des lunettes, les yeux nous pleuraient quand même tout le jour.
Mais quand on laissait une vigne toute blanche de soufre, ça faisait du bien.


Extrait de : Un gars du Nord et une jolie fille du Midi, 2003.

19:03 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : vin, mots

14/03/2009

La vigne et le vin

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