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29/03/2012

Presque pas, presque plus

 

Compter le temps qui se désagrège. Compter les heures, qui filent, compter les mots, les sons, les images. Reprendre les décors anciens. Compter les absences, lers mots de trop, en trop. Compter les remords, compter la mémoire sous le vent. Regarder les albatros, les mouettes, les goélands crier au loin. Compter la nuit, les étoiles. Compter les rides sur les visages des hommes affalés dans les coursives, sur les machines encore en route. Compter les silences du capitaine, sa manière de regarder au loin. Presque pas, presque plus. Rester là, encore. Au-delà des sanglots dans la gorge, des visiteurs de fortune qui descendent sur le quai.

Au loin la voix lente des au revoir. La houle qui fait son chemin. Un bateau passe. Ami, te souviens-tu de nos errances. Il faisait froid, il faisait jour et tu ne savais rien ce matin-là. Tu ne savais rien et pourtant je te regardais comme un nouveau jour et les astres avaient fermé leurs portes.

Te souviens-tu, ce matin-là. Comme un enfant, tu me regardais et ce sourire-là valait toutes les peines du monde.

 

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Rio Tagus, Sète - Mars 2012

texte et image © SN 2012

08:00 Publié dans Dans le bleu | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : sète, bleu, port, mer

Commentaires

bravo pour tous ces textes tres forts qui nous font vivre ce qu'est la rudesse de ces metiers
ces bateaux aussi demontrent leur souffrance dans l'immensite et le pouvoir des mers

Écrit par : Chris | 29/03/2012

Magnifique ce texte, le vie de marin est bien difficile et tu la racontes superbement. Belle soirée.

Écrit par : tede | 29/03/2012

Merci à vous. Ces textes ont été écrits à partir de la série photographique réalisée sur le cargo du "Rio Tagus", abandonné dans le port de Sète.

Écrit par : A. | 30/03/2012

Les commentaires sont fermés.