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26/07/2009

L'âme ne pèse pas

 

 

L’âme ne pèse pas

Elle volète d’êtres en êtres

Tel un elfe

Dans le creux d’une main

Dans le rire d’un enfant

 

Elle n’entend pas le vent qui souffle à son oreille

Elle se laisse porter par le reflet de l’air

Hésite encore

 

Une fois le but atteint

Elle déploie ses ailes de mousse

Et dépose son sexe sur le rocher de la mémoire


Elle pèse un monde

Un univers entier.


Texte publié dans la revue de poésie "Décharge", n°151, Septembre 2011.

13/04/2009

Matin

DSCN5786.JPGJe suis un homme d’affaires portant costume gris attaché-case,
Je suis une femme d’âge mûr, portant boucles d’oreilles et jupe blanche, bien mise pour aller travailler,
Je suis une jeune professeure portant pantalon, gilet, lunettes. J’attache mes cheveux, c’est mon premier poste,

Je suis la petite fille qui tient la main de sa maman pour traverser sur le passage piéton. Je saute sur mes deux pieds, j’ai ma chanson dans la tête. Maman ne rigole pas. Elle m’a fait des couettes et je porte mes chaussettes roses.

Je suis l’homme du PMU. Je lis le journal. Je suis installé à la même table tous les jours dès sept heures et demie.
Je suis la pendule de l’avenue du Breuil, j’avance un peu.
Je suis le feu au niveau de la tour de Pannessac, j’arrête les voitures, je fais mon job.
Je suis la boulangère prête à servir les clients,

Je suis l’étudiante qui fait la queue pour acheter des « croustillons » parce qu’elle n’a pas eu le temps de déjeuner,
Je suis l’agent municipal dans sa camionnette verte, je porte brosses et balais pour nettoyer les rues,
Je suis l’ado devant le collège, la fille aux longues créoles et décolleté, et celle habillée de noir, avec des gros boots,

Je suis le pèlerin chargé, sac à dos, crédence signée dès sept heures à la cathédrale.
Je descends la rue des Tables, une longue route m’attend.
J’ai espoir.

02/04/2009

Complainte printanière

P1000823.JPG
Sous mon balcon
Coule le Dolaizon
Petite rivière calme
Tempétueuse le printemps

Les merles les mésanges
Les cols verts se poursuivent
Jusque sur les herbes tendres

Le saule pleureur penche ses bras
Seul il attend, le héron
Avance de son pas saccadé
A la recherche de truites

L'air est doux
Le ciel agité
Le vert se fait plus juste

Quelques vélocyclistes
Des couples d'amoureux
Des chiens avec leurs maîtres
Tout ce petit monde trottine
Au pied de ma fenêtre

Et le Dolaizon file file
La merlette cherche de quoi
Au bord de l'eau elle picore

10/03/2009

Mots de la ville

Photo004.jpg Je porte un manteau sur la tête
Un fichu dans les mains
Je n'ai plus de raison
De maison
J'erre dans les rues
A la recherche de ciels purs

Je promène mon petit chien
Qui n'a l'air de rien
Je promène mes peines
Sans qu'elles me reviennent

Je porte une écharpe
En bandoulière
Un parapluie sur les genoux

Mes cheveux attachés
Je les défaits
Et ma nuque me sourit

je n'ai plus de prix en tête
Je regarde les rues
Je suis le fil de laine
Du manteau dans mon dos

Je suis la pluie
Le vent
Je regarde les gens
Qui passent devant moi
Sans voir que je suis là

Je n'ai plus de maison
De raison
Mais encore des frissons
Dans le corps

Je rêve à des décors de carton pâte
De mille-pattes
Je rêve à des sourires
Des prisons de désirs

Je n'ai plus de maison
Mais j'ai mon parapluie
Mon pardessus gris
Et par-dessus les toits
Il y a ma voix.

04/03/2009

C'est l'printemps

P1000623.JPG Deux colombes
Font la bombe
Deux cocottes
Se bécotent
Deux asticots
Font les beaux
Deux zozos
Font les marlots
Deux amoindris
Font des chichis
Deux muses
Font mumuse
Deux sots
Font des rots
Deux rats
Font ma me mi mo mu
Deux roues
Font un paon
Deux chats
Font des chiens.

Deux hirondelles
Font les belles.
Un poivrot
Un gigolo
Avec son pantalon
Un accordéon
Avec ses manches
des dimanches.



Dans sa tête
Il est trop tard.
Pour tuer le temps
Fallait se lever tôt
Et prendre le printemps
Dans ses bras de marlot

Maintenant il court il court
Pour rattraper le train de l'envie.

Son heure est passée
Il reviendra l'année prochaine
Saluer un trépassé
Pâtissé de calembredaines.