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06/07/2011

L'oeil de Brassaï en Amérique

 Une exposition inédite de Brassaï à Montpellier.

 « En 1957, invité par le magazine Holiday qui lui passe une commande photographique et lui donne, pour cela, carte blanche, Brassaï, pour la première fois, visite l'Amérique. Il n'existe pas plus grande disparité entre son territoire parisien, sur lequel il exerce depuis les années 30 son oeil de photographe, et la civilisation urbaine américaine à laquelle New York le confronte. Cette différence de culture, de mode de vie, excitent Brassaï. Le voici lâché dans la ville américaine, suivant ses instinct de photographe de rue, conscient des contrastes auxquelles son habituel sens du pittoresque européen le confronte, acceptant cette mise à l'épreuve, au fond bien excitante. Mais Brassaï a le génie de l'adaptation. Il prend vite la mesure de cette formidable culture, toute pleine d'énergie et de surprises visuelles. Retrouvant son appétit pour la prise d'image, il utilise indifféremment le noir et blanc, et pour la première fois, la couleur et le petit format.

90135_1308219319_web-chemin-12993-1307618513.jpgEt soudain, le New York de Brassaï se met au diapason de son humour surréaliste, de sa sensualité, de son attrait pour l'imprévisible ou l'élégante beauté des nuits ou des jours de la plus grande métropole américaine, au moment où les années 50 rendent les femmes plus belles, les adolescents plus libres, les couleurs plus acidulées.

Quittant New York, Brassaï se rend à la Nouvelle Orléans, dans ce territoire louisianais aux réminiscences si françaises. Sa vision y est encore plus sensuelle, et la Nouvelle Orléans de nuit, photographiée par Brassaï, vient faire écho à son Paris des années 30. Le mélange assumé de la couleur et du noir et blanc redouble de façon inattendue son approche d'une ville qu'il perçoit dans sa vitalité et son humidité exotiques. Rarement la cité louisianaise aura donné autant de plaisir à un photographe, conquis par sa chaleureuse et tendre convivialité, sa marginalité aux accents canailles. Aucune de ces images n'a été exploitée par Brassaï de son vivant. Il rêvait pourtant d'en faire un livre. Autant dire que c'est une découverte totale qui est ici faite, avec 50 images en couleurs et 110 tirages d'époque en noir et blanc impubliés, ce qui est exceptionnel pour un tel artiste.

Elles rendent plus compréhensible à la fois l'art photographique de Brassaï, capable de s'adapter aux territoires les plus inattendus, et la beauté fugitive d'une période américaine ouverte aux bonheurs d'une jeunesse épanouie, dans la fraîcheur d'une décennie, celle des « fifties », où tout semblait encore possible. Brassaï en Amérique est autant une exposition -et un livre- inattendus sur l'esthétique d'un immense photographe capable de renouveler entièrement sa vision, que sur un moment de grâce de la civilisation américaine, à l'ineffable parfum de nostalgie.»


Gilles Mora
Directeur artistique, Pavillon Populaire.

 

08:00 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : photographie

28/06/2011

L'oeil de Brassaï en Amérique

Une exposition inédite durant tout l'été à Montpellier, présente des clichés de Brassaï réalisés en Amérique.

« En 1957, invité par le magazine Holiday qui lui passe une commande photographique et lui donne, pour cela, carte blanche, Brassaï, pour la première fois, visite l'Amérique. Il n'existe pas plus grande disparité entre son territoire parisien, sur lequel il exerce depuis les années 30 son oeil de photographe, et la civilisation urbaine américaine à laquelle New York le confronte. Cette différence de culture, de mode de vie, excitent Brassaï. Le voici lâché dans la ville américaine, suivant ses instinct de photographe de rue, conscient des contrastes auxquelles son habituel sens du pittoresque européen le confronte, acceptant cette mise à l'épreuve, au fond bien excitante. Mais Brassaï a le génie de l'adaptation. Il prend vite la mesure de cette formidable culture, toute pleine d'énergie et de surprises visuelles. Retrouvant son appétit pour la prise d'image, il utilise indifféremment le noir et blanc, et pour la première fois, la couleur et le petit format.

photographieEt soudain, le New York de Brassaï se met au diapason de son humour surréaliste, de sa sensualité, de son attrait pour l'imprévisible ou l'élégante beauté des nuits ou des jours de la plus grande métropole américaine, au moment où les années 50 rendent les femmes plus belles, les adolescents plus libres, les couleurs plus acidulées.

Quittant New York, Brassaï se rend à la Nouvelle Orléans, dans ce territoire louisianais aux réminiscences si françaises. Sa vision y est encore plus sensuelle, et la Nouvelle Orléans de nuit, photographiée par Brassaï, vient faire écho à son Paris des années 30. Le mélange assumé de la couleur et du noir et blanc redouble de façon inattendue son approche d'une ville qu'il perçoit dans sa vitalité et son humidité exotiques. Rarement la cité louisianaise aura donné autant de plaisir à un photographe, conquis par sa chaleureuse et tendre convivialité, sa marginalité aux accents canailles. Aucune de ces images n'a été exploitée par Brassaï de son vivant. Il rêvait pourtant d'en faire un livre. Autant dire que c'est une découverte totale qui est ici faite, avec 50 images en couleurs et 110 tirages d'époque en noir et blanc impubliés, ce qui est exceptionnel pour un tel artiste.

Elles rendent plus compréhensible à la fois l'art photographique de Brassaï, capable de s'adapter aux territoires les plus inattendus, et la beauté fugitive d'une période américaine ouverte aux bonheurs d'une jeunesse épanouie, dans la fraîcheur d'une décennie, celle des « fifties », où tout semblait encore possible. Brassaï en Amérique est autant une exposition -et un livre- inattendus sur l'esthétique d'un immense photographe capable de renouveler entièrement sa vision, que sur un moment de grâce de la civilisation américaine, à l'ineffable parfum de nostalgie.»


Texte de Gilles Mora
Directeur artistique, Pavillon Populaire.

 

17/05/2010

Images Singulières à Sète : Michaël Ackerman et Rajak Ohanian au Centre Régional d'art Contemporain

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Michaël Ackerman, "Half Life".
Des images choc, qui vous prennent aux tripes, à l'estomac.
Une vision de l'enfer, des déclassés, des gueules cassées, comme ici sur le grand mur blanc.
 
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Michaël Ackerman, parents juifs polonais déportés, lui, né à Tél-Aviv, qui se défend de traiter l'histoire familiale.

On a du mal à le croire.

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Photographies irréelles, fantomatiques, photographies de corps décharnés, de crânes.

Souvent à la limite de la folie, de la mort.

 

 

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Exposition jusqu'au 30 mai au Centre Régional d'ARt Contemporain de Sète.

18:53 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : photographie, festival