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06/09/2013

Vases communicants septembre 2013 - Eric Dubois


 

Dans le cadre de ces Vases Communicants de "rentrée" (Grrr !), j'ai le plaisir d'accueillir ici Eric Dubois.

 

Eric Dubois est né en 1966 à Paris. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages de poésie aux éditions Le Manuscrit, Encres Vives, Hélices, l'Harmattan, Publie.net .

Il est responsable de la revue de poésie en ligne « Le Capital des Mots », blogueur : « Les tribulations d'Eric Dubois », et chroniqueur dans l'émission « Le lire et le dire » sur Fréquence Paris Plurielle (106.3 fm Paris) depuis 2010.

 

Dans le cadre de cet échange, on peut retrouver mon texte, sur son site, Ici

 

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Qui déplie des ailes

 

dans le ciel ?

 

 

 

Quelque chose de la pluie

 

du soleil

 

L'arbre qui dit bonsoir à la nuit

 

 

Ailleurs le temps se dérobe

 

 

Caché dans les mots je te regarde

 

Plus le fruit mûrit plus le jardin s'éclaire

 

 

 

Perspective de la ville enrichie de quelques

 

échappées

 

 

 

Dans les rues qui coulent un sommeil de papillon

 

Je te regarde encore ta fenêtre est ouverte

 

Les chats hurlent leur amour

 

 

L'été veut encore continuer à vivre

 

 

 

Août 2013

ERIC DUBOIS

 

 

Les sites sur lesquels vous pouvez retrouver Eric Dubois :

http://ericdubois.net

http://le-capital-des-mots.fr

 

 

 

Les Vases Communicants initiés par François Bon et Jérôme Denis ont pour but de créer du lien autrement.

Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre. Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.

 Pour voir la liste des participants du mois de septembre, c'est ici : http://rendezvousdesvases.blogspot.de/

 

 

 

 

 

22/07/2011

Sous le regard retable d'Arrabal

 

Comme le surnomme Lucien Clergue, en raison de ses lunettes ouvertes ou fermées,

selon son humeur, ses émotions,

son envie d'apparaître ou de disparaître.

Merci Hélène pour cette déambulation et cette soirée exceptionnelle

de mots, de poésie et de folie !

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Lodève, juillet 2011


"Tu accordais questions et réponses

Tu transformais l'éternité et ses instants.

Tu rêvais sans chimère ni utopie."

Fernando Arrabal

07:30 Publié dans Journal | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mots, poésie, lodève

15/01/2011

Zorozora, un groupe de Montpellier à découvrir absolument

 

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ils sont beaux et jeunes et talentueux !

Leur spectacle,  plein de poésie, de fougue et d'insolence

De la folie douce et de la beauté en paquet cadeau : autant en profiter

Ecouter un morceau (ici)

 

 

 

 

 

09:00 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, beauté, musique

10/11/2010

En haut de la montagne

 

 

Que tu trésailles -
Et tombent des montagnes,
Et monte - l'âme !
Laisse mon chant monter :
Chant de l'entraille,
de ma montagne.

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Je ne pourrai
Ni là, ni désormais
Combler l'entraille.
Laisse mon chant monter
Tout au sommet
De la montagne...

Marina Tsvetaeva, Le poème de la montagne (extraits), in "Le ciel brûle".

01/04/2010

Fragment de ciel

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                            Bords du Lez, 31 mars 2010

 

Au début mars

les racines fendent la peau des graines

 

la fenêtre

libère

une mouche engourdie.

 

Nous recommençons

comme si nous n'avions pas été moulus jusqu'aux os

 

comme si le matin servait toujours

avec son fragment de ciel entre les maisons.

 

Nous ignorons une fois de plus l'autrefois

pour croire ces heures

à l'aventure.

 

comme si le matin servait toujours

avec son fragment de ciel entre les maisons.

 

Noous ignorons une fois de plus l'autrefois

pour croire ces heures

à l'aventure.

 

Marie-Claire Bancquart

Opportunité des oiseaux, Ed. Belfond, 1984.

26/01/2010

L'Affiche, revue murale de poésie

 

 

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"L'Affiche", revue murale de poésie propose un texte et une photographie, exposées dans des lieux culturels et dans la rue.
 

Bois, pierre, eau, air,
écrire les lignes du paysage à même la chair du visible :
la croix, les carrés de galets, la plage escamotée, l’horizon, les nuées.
Un goût tenace de gaufre et de café. La fièvre
d’avoir roulé depuis le matin dans un travelling constant,
laissant derrière nous les faubourgs, les noeuds électriques,
les champs de betteraves et l’autoroute ;
et d’avoir débouché, là, entre deux averses ou deux trouées de lumière,
éclairant brutalement les falaises et la côte.


Bois, pierre, eau, air,
l’immensité de la surface liquide et du ciel,
l’aimantation des masses,
l’appel du large qui est l’appel de l’espace.
Puis, ce point de fixation ou de fuite où point la chose :
béance de la baie au-delà du banc et du beau ;
quand, face à la puissance élémentaire, s’annulent
condition ordinaire et mise en scène bancale
(qu’ironise, en plus, la virgule de l’oiseau) !


Bois, pierre, eau, air,
écrire sur les lignes du visible : tout conduit au seuil du voir
et se construit dans le regard !
Remâcher ces mots tandis que l’on marche
vers l’ouverture ; une ligne blanche par planche délavée ;
un pas à pas compté dans le vent et la rumeur montante :
plus on avance et plus ça s’ouvre ! plus on avance,
moins c’est gris, plus c’est bleu beige et vert !
plus on avance, plus c’est ouvert !


Toujours le présent et les sensations gouvernent.
Toujours regarder la mer et le ciel
comme la première fois.
Toujours le réel ouvre et ferme le ban.

21:08 Publié dans 1 jour / 1 image | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bleu, poésie

28/07/2009

La terre a soif

 

 

La terre a soif

La terre a faim

Les fleuves courent rétifs à son appel

Les rivières se jettent dans le vide

Les ruisseaux dans la mer

Et la mer tourne en rond

Les larmes ne coulent plus


Les dieux appellent

Au vent, à la pluie, au déluge des eaux.

 

Pas une goutte d’eau pour la terre assoiffée

Les cactées se rétractent

Les feuilles se dessèchent

Les vers se terrent


La mer a déserté la terre

 

Les animaux attendent la prochaine nuée

Les araignées pleurent

Les cigales gémissent

Les hirondelles suent

 

L’orage, viendra-t-il du nord ou bien du sud ?

 

La terre espère

Trempée de honte

La mer est fatiguée

De courir après toutes les guerres

D’engloutir tous les corps

 

La mer reviendra peut-être

Quand la terre aura pleuré.

 

 

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26/07/2009

L'âme ne pèse pas

 

 

L’âme ne pèse pas

Elle volète d’êtres en êtres

Tel un elfe

Dans le creux d’une main

Dans le rire d’un enfant

 

Elle n’entend pas le vent qui souffle à son oreille

Elle se laisse porter par le reflet de l’air

Hésite encore

 

Une fois le but atteint

Elle déploie ses ailes de mousse

Et dépose son sexe sur le rocher de la mémoire


Elle pèse un monde

Un univers entier.


Texte publié dans la revue de poésie "Décharge", n°151, Septembre 2011.

04/07/2009

Beyrouth endormie par M.Darwich

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Je n'ai plus de patrie, je n'ai plus de corps.

Le bombardement se poursuit sur les cantiques de gloire et les dialogues des morts se coulant dans un sang comme lumière qui dévore une litanies de questions glacées.

Qu'est-ce que je cherche? Un trop-plein de poudre, une satiété de colère ?

Les obus pénètrent chaque pore de ma peau et ressortent comme si de rien n'était.

Quelle puissance ! Je ne ressens pas l'enfer partout répandu dans les airs tant que je l'avale à chaque respiration, tant je le respire de tout mon corps.

Je veux chanter, parfaitement, je veux chanter ce jour brûlé, je veux le chanter, inventer les mots qui feront de la langue l'acier de l'esprit, une langue capable d'abattre ces avions, ces insectes de fer brillant. Je veux chanter, inventer la langue qui me portera et que je porterai, qui témoignera et me prendra à témoin de cette force, en nous, capable de surmonter la solitude universelle.

Et m'en aller.

M'en aller pour me voir marcher d'un pas ferme, libre, y compris de moi-même, au milieu de la rue, au beau milieu de la rue. Les monstres volants hurlent autour de moi, crachent leur feu, mais je ne m'en soucie pas.

Je n'entends que le bruit de mes pas sur l'asphalte dévasté. Personne. Qu'est-ce que je cherche ? Rien. Ou peut-être est-ce l'obstination de ce défi jeté pour masquer la peur de la solitude, ou encore la crainte de périr sous les décombres qui guident mes pas et me font arpenter les rues endormies.

Je n'avais jamais vu Beyrouth endormie de ce sommeil matinal. Pour la première fois, je vois les trottoirs, rien que les trottoirs, les arbres, rien que les arbres, avec leurs troncs, leurs branches, leurs feuilles éternellement vertes.

Beyrouth est-elle belle en elle-même ? L'agitation, les paroles, la bousculade, le vacarme du commerce n'avaient jamais permis que surgisse une telle question. Beyrouth n'était pas une ville, mais une idée, un concept, un mot, une façon de dire.

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Mahmoud Darwich, Une mémoire pour l'oubli, éditions Babel.

13/04/2009

Matin

DSCN5786.JPGJe suis un homme d’affaires portant costume gris attaché-case,
Je suis une femme d’âge mûr, portant boucles d’oreilles et jupe blanche, bien mise pour aller travailler,
Je suis une jeune professeure portant pantalon, gilet, lunettes. J’attache mes cheveux, c’est mon premier poste,

Je suis la petite fille qui tient la main de sa maman pour traverser sur le passage piéton. Je saute sur mes deux pieds, j’ai ma chanson dans la tête. Maman ne rigole pas. Elle m’a fait des couettes et je porte mes chaussettes roses.

Je suis l’homme du PMU. Je lis le journal. Je suis installé à la même table tous les jours dès sept heures et demie.
Je suis la pendule de l’avenue du Breuil, j’avance un peu.
Je suis le feu au niveau de la tour de Pannessac, j’arrête les voitures, je fais mon job.
Je suis la boulangère prête à servir les clients,

Je suis l’étudiante qui fait la queue pour acheter des « croustillons » parce qu’elle n’a pas eu le temps de déjeuner,
Je suis l’agent municipal dans sa camionnette verte, je porte brosses et balais pour nettoyer les rues,
Je suis l’ado devant le collège, la fille aux longues créoles et décolleté, et celle habillée de noir, avec des gros boots,

Je suis le pèlerin chargé, sac à dos, crédence signée dès sept heures à la cathédrale.
Je descends la rue des Tables, une longue route m’attend.
J’ai espoir.